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jeudi 10 juillet 2008

«Edvige» révolte les associations

Révélée par Têtu (quotidien du 9 juillet), la mise en place d'«Edvige», un fichier permettant au ministère de l'Intérieur d'enregistrer des données sur la santé (notamment la séropositivité) et la vie sexuelle de certains citoyens, suscite des réactions virulentes, notamment de la part d'associations.

Jérôme Vicart, le président de Flag!, l'association française de policiers gays et lesbiens, «exige» l'arrêt de l'utilisation de ce logiciel. Joint par Têtu, il parle de «dérive» et dénonce «un nouveau fichier à caractère nominatif qui porte atteinte aux libertés fondamentales dans notre pays. Ce fichier nous rappelle évidemment Ardoise, note-t-il, mais il est peut-être encore plus dangereux, puisqu'il va permettre le fichage de citoyens dès l'âge de 13 ans sur la base unique de soupçons.» Jérôme Vicart souhaite que le ministère de l'Intérieur explique en quoi l'orientation sexuelle et l'état de santé de certains Français les rendent potentiellement dangereux pour la société.

Pour sa part, Act Up-Paris parle d'un «flash-back étourdissant dans les années 50» et s'en prend à Nicolas Sarkozy. «Ceci n'est pas un acte isolé dans un été languissant, écrit l'association dans un communiqué. Pour rappel, Nicolas Sarkozy a déjà fait part de son avis sur le «caractère prédictif de la délinquance» à déceler dans les crèches ou de son penchant pour une approche génétique de l'homosexualité

Pour le Parti socialiste, «Edvige» est «un grand bon arrière». Selon Gilles Bon-Maury, président d'Homosexualités et socialisme, ce fichier est une «atteinte évidente, provocante et inutile à ces libertés fondamentales dont la France pouvait prétendre autrefois être le symbole. En quoi l'orientation sexuelle et le statut sérologique d'un individu exerçant un mandat politique, économique ou syndical, peuvent-elles présenter un intérêt pour la police?» Gilles Bon-Maury rappelle que «c'est en juin 1981 que le ministre de l'Intérieur [socialiste] Gaston Defferre a fait détruire les listes d'homosexuels tenues par les préfectures.»

Enfin Hussein Bourgi, le président du Collectif contre l'homophobie (CCH), a vivement critiqué le fait que Michèle Alliot-Marie rétablisse «les fichiers d'homosexuels, d'étrangers et de malades». Pour le CCH, «ce décret qui sent le soufre», rappelle «une pratique digne des heures les plus sombres de l'histoire de notre pays». Le CCH en appelle au président de la République et au Premier ministre, «afin qu'ils rappellent la ministre de l'Intérieur à l'ordre et qu'ils suspendent immédiatement la mise en œuvre de ce fichier». Par ailleurs, le CCH a indiqué qu'il examinait, dès à présent, la possibilité de déférer ce décret devant le Conseil d'Etat.

Copyright tetu.com

par Stéphane Garneri

lundi 8 octobre 2007

Sidaction


Maintenant que l'on sait que le gouvernement va nous ponctionner à partir du 1er janvier 2008 pour soi-disant améliorer la recherche contre la maladie d'Alzheimer, on peut sérieusement se demander ce qu'il va rester à la recherche contre le Sida? Le gouvernement a récemment décidé de ne pas augmenter la contribution de la France au Fonds mondial de lutte contre le sida, cette maladie serait-elle redevenu le "cancer des pédés" des années 80 qu'un gouvernement de droite, homophobe (Nicolas Sarkozy reçoit Alexis II à l'Élysée...) et raciste refuse dorénavant de prendre en considération...
Lutte contre le sida : Bill Clinton doit rappeler Nicolas Sarkozy à ses engagements publié sur le site d'Act Up

jeudi 27 juillet 2006

L'agresseur d'un gay se suicide en prison

Leur promenade à vélo devait être tranquille. Elle s'est terminée de manière dramatique.
Dans la nuit du 28 au 29 juin, Franck, un homo de 28 ans, rentre chez lui, vers Villeurbanne, en vélo avec un ami. Ils s'arrêtent dans le parc de la Tête d'or, dans le VIe arrondissement de Lyon, où ils discutent pendant près d'une heure. Surgit alors un individu qui leur demande leur argent. «Je lui ai donné mon portefeuille immédiatement, a expliqué Franck à Têtu. Mais là, il m'a dit qu'il voulait "tuer un pédé" et m'a donné deux coups de couteau, un au ventre, l'autre à l'épaule. Mon ami lui a couru après et moi, j'ai appelé la police.» L'individu, qui s'est enfui le couteau à la main, est arrêté rapidement par les forces de l'ordre. Quant à Franck, il est conduit à l'hôpital où il est immédiatement opéré pour une hémorragie occasionnée par la section d'une artère abdominale.
L'agresseur, âgé de 29 ans, a été mis en examen et incarcéré. Mais depuis, il s'est suicidé par pendaison dans sa cellule, le 6 juillet. Il avait reconnu en partie l'agression mais pas le motif homophobe. Franck a de son côté été hospitalisé pendant une semaine, et a reçu une incapacité temporaire de travail (ITT) de 30 jours. «Je ne vais pas très bien aujourd'hui, tant physiquement que psychologiquement. Mais cela devrait s'améliorer. Pour l'instant, j'ai une aide-ménagère et je suis suivi par un psy du Samu.» Franck tient néanmoins à expliquer que si les forces de l'ordre ont été incroyablement «efficaces et formidables» le soir de l'agression, les inspecteurs venus l'interroger à la sortie de son intervention ont été particulièrement odieux. «J'ai eu dans ma jeunesse des soucis avec la justice pour vol. J'ai donc un casier judiciaire. Cela leur a suffi pour me traiter de "menteur" quand j'ai fait part des paroles homophobes de mon agresseur. Ils n'ont pas voulu me croire, oubliant vite mes blessures et ma cicatrice de 22 cm au ventre!» Le Collectif contre l'homophobie, qui a apporté son soutien à Franck et l'assistera notamment dans les démarches administratives qu'il devra accomplir auprès de la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (Civi), tient à rappeler que même si son siège social est à Montpellier, il intervient sur tout le territoire national sur simple demande.

Emmanuelle Cosse

Mis en ligne sur le site tetu.com le 27/07/06

jeudi 11 août 2005

Rambouillet : un couple gay agressé et terrorisé à son domicile

Le 14 juillet dernier, deux hommes, rejetés d’un pub de Rambouillet, pénètrent au domicile d’un couple vers 4 heures du matin pour le cambrioler. Trouvant les deux hommes nus dans leur chambre, ils comprennent qu’ils ont affaire à des gays. Ils vont alors les agresser et les torturer.

Sébastien et Bernard reviennent de loin. Et aujourd’hui, ils pensent même avoir échappé à la mort. Le 14 juillet, deux hommes, rejetés d’un pub de Rambouillet, pénètrent chez ce couple vers 4 heures du matin pour les cambrioler, les trouvent nus dans leur chambre et les agressent. ""Putain, c’est des pédés ! On va les brûler. On va les massacrer !" s’est écrié l’un d’eux", raconte Bernard.

Un des agresseurs s’empare d’un objet en marbre et les frappe au visage. "Ils nous ont terrorisés, ont menacé d’égorger notre chien. Ils ont branché le fer à repasser et l’ont brûlé" explique Sébastien. "Nous avons été ligotés avec les fils électriques, battus à plusieurs reprises. Ils nous ont brûlés plusieurs fois avec le fer à repasser. Nous avons dû dire où se trouvaient nos cartes bleues, donner nos codes, explique Sébastien. Et puis, pendant que l’un d’eux est allé soutirer de l’argent, l’autre a contraint mon ami et moi à avoir un rapport sexuel. C’est à ce moment-là que la police est intervenue et a arrêté un de nos agresseurs. Nous avons identifié l’autre, qui était déjà fiché, mais lui n’a pas encore été arrêté."

"La police a été très bien, l’accueil aux urgences aussi, précise Bernard, mais on nous a dit qu’il serait souhaitable de quitter notre domicile pour mieux surmonter ce traumatisme. Nous avons décidé de nous établir dans une autre région". A aucun moment, la municipalité de Rambouillet — dont le premier adjoint, Gérard Larcher, est membre du gouvernement — n’a réagi. Seul un conseiller régional (PRG), Eddie Aït, a manifesté son soutien et demandé au président du Conseil régional Ile-de-France un renforcement de la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle. La réponse de la région est attendue cet automne.

Jean-François Laforgerie

Mis en ligne sur le site E-llico.com le 11/08/05